Bien qu'il ait subi l'influence de Velázquez, dont il est en quelque sorte l'héritier spirituel, et celle de Van Dyck — ne l'appelle-t-on pas le Van Dyck espagnol —, Juan Carreño de Miranda est cependant un artiste profondément original qui mérite plus d'attention qu'on ne lui en a jusqu'à présent accordé.
Appartenant à la petite noblesse asturienne, Carreño étudie la peinture à Valladolid, puis à Madrid où il arrive très jeune. Protégé par Velázquez, il commence à peindre des tableaux d'église dont le chef-d'œuvre est la Fondation de l'ordre des Trinitaires peint en 1666 (Louvre). En 1669, Carreño est nommé peintre du roi ; en 1671, il est peintre de la Chambre et le restera jusqu'à sa mort, donnant de la cour de Charles II et de l'aristocratie espagnole une image saisissante. Bien qu'il soit surtout connu comme portraitiste, Carreño est l'auteur de fresques et de peintures à sujets religieux qui révèlent une sensibilité baroque colorée de mélancolie (fresques de San Antonio de los Portugueses).
Portraitiste, Carreño représenta souvent la reine veuve Marianne d'Autriche, et retraça dans une série de toiles le déclin de Charles II, du bel enfant au vieillard décrépit. Il peignit aussi les bouffons et les nains de la Cour, comme la repoussante Eugenia Vallejo dite La Monstrua (Prado). Parmi les portraits des prélats, des grands seigneurs et des dignitaires étrangers qui paraissent à la cour, il faut signaler le très exotique Pierre Potemkine, ambassadeur de Russie (Prado).
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