Un des premiers poètes espagnols de la Renaissance. Courtisan et guerrier, tout comme son ami Garcilaso de La Vega, Juan Boscán assista aux combats de l'île de Rhodes et accompagna l'empereur Charles Quint lorsque celui-ci se porta au secours de Vienne assiégée par les Turcs en 1529. Sa rencontre avec Andrea Navagero, alors ambassadeur à Grenade, et leurs entretiens sur la métrique des poètes italiens décidèrent de l'adoption définitive de l'hendécasyllabe italien par la poésie espagnole. S'il est vrai que le triomphe des formes italiennes, amorcé dès les sonnets à la manière italienne du marquis de Santillana, est dû surtout à la maîtrise et à l'inspiration de Garcilaso, la part de Boscán, compagnon et conseiller du grand poète, et son devancier dans cette matière, n'est pas négligeable. Sa femme, Ana Girón de Rebolledo, après sa mort, publia ensemble l'œuvre des deux poètes, qu'on réédita unis pendant près d'un siècle (ce n'est qu'au xxe siècle qu'ils ont été réimprimés côte à côte). Boscán occupe aussi une place de choix dans l'histoire de la prose castillane par sa belle traduction du Courtisan du comte Baldassare Castiglione.
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