Jusqu'à une époque récente, la vie et l'œuvre de l'architecte espagnol Toledo demeuraient une énigme. On a dû attendre les publications du père Carlos Vicuña pour entrevoir les origines de son art. Ces études ont notamment précisé la nature de l'activité de l'artiste durant les années 1546-1548. À la suite de la mort d'Antonio San Gallo le Jeune et sous les ordres de Michel-Ange, Juan Bautista, qui s'appelle alors de Alfonso, participe comme architecte à la construction de Saint-Pierre de Rome. En 1548, cependant, il disparaît du Vatican, sans doute pour avoir répondu à l'appel de l'actif vice-roi de Naples, Pedro de Toledo, qui se situe aux origines de l'urbanisme moderne dans cette ville. L'architecte allait désormais porter le nom de son protecteur.
En 1559, Philippe II fait revenir Juan Bautista en Espagne et, deux ans plus tard, il lui confie la charge de maître principal (maestro mayor) du monastère-palais de l'Escorial, qui sera la grande entreprise architecturale de son règne. Toledo fournira les plans d'ensemble, que le roi contrôlera de très près, notamment en ce qui concerne l'église. Le projet de Toledo fut corrigé par l'ingénieur italien Pacciotto en […]
