2. Une diversité de textes
Le second Journal est plus varié que le premier : Delacroix incorpore dans les carnets qui en forment la base des notes préparatoires à d'autres écrits (comme le Dictionnaire des Beaux-Arts envisagé juste après son élection à l'Académie des beaux-arts, au début de l'année 1857). Il y recopie aussi des passages tirés de ses lectures, y intercale des dessins. Il s'agit d'une œuvre en devenir, jamais achevée (si Delacroix pouvait, à la fin de sa vie, penser à une éventuelle publication, il ne l'a pas préparée), œuvre à laquelle on peut aussi ajouter des notes prises ailleurs que dans les carnets. Faut-il pour autant y joindre, pour combler en partie le vide des années 1824-1847, celles qui ont été écrites pendant ou juste après le voyage au Maroc, en 1832, voire le récit de ce voyage, laissé inachevé et inédit, mais destiné dès l'origine à la publication et retrouvé seulement en 1997 ? Ce n'est que tout récemment que l'on a pris conscience de la diversité des textes écrits par Delacroix et restés inédits (il publia de son vivant quelques articles dans les journaux – La Revue de Paris, La Revue des Deux Mondes, Le Moniteur universel –, qui avaient d'ailleurs établi solidement sa réputation de critique et d'écrivain). Doit-on tout regrouper sous l'étiquette commode de Journal ou faut-il séparer plus strictement les manuscrits connus (car tout n'a pas été retrouvé) en diverses catégories ? La réponse est à chercher dans une nouvelle édition du Journal, car celle d'André Joubin, la plus complète n'est pas entièrement satisfaisante bien qu'il ait été le premier à avoir eu accès à l'ensemble des manuscrits ou de leurs copies. Elle fait provisoirement autorité.
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