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JOURNAL, Edmond et Jules de Goncourt

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2.  L'écriture du ressentiment

On reproche aux Goncourt leur médisance, qui va de pair avec leurs goûts élitistes. Ces artistes, qui vivent en un siècle bourgeois qu'ils honnissent mais dont ils sont aussi le pur produit, sont fascinés par le « mouvement littéraire ». Ils aiment à traquer le paradoxe. Au moment où se met en place le mythe de l'écrivain moderne, plus précisément sa « mythographie » comme Daniel Oster l'a parfaitement souligné, ils aiment à renverser de leur piédestal les « hommes du jour ». Témoins de la littérature en train de s'écrire mais aussi de la « comédie littéraire » qui l'accompagne souvent, ils manient, comme Daumier ou Gavarni, comme plus tard André Gill, sinon la caricature, du moins le trait mordant qui, bien des années plus tard, vient tempérer l'image tout académique que ces écrivains ont parfois voulu laisser d'eux-mêmes. Dans tout individu, même le plus génial, sommeille toujours l'homme guetté par la « bêtise », par le spectre du « ratage ». Les « portraits d'artistes » brossés par les Goncourt sont ainsi souvent en demi-teinte, révélant les vices cachés, faisant apparaître au grand jour le goût des manipulations et des mystifications.

Mais la vérité est aussi cruelle pour eux-mêmes. Le Journal se montre plein de ressentiment face au devenir problématique de leur œuvre. Leur « cuisine littéraire » occupe de nombreuses pages : elle dit les angoisses face à la réception d'un roman, l'amertume devant l'indifférence, la haine face au malentendu. Témoins de ce siècle où l'on s'ennuie, ils en accumulent le négatif, les névroses, et leur aristocratisme s'accompagne de l'antisémitisme qui éclatera avec l'affaire Dreyfus. Si le Journal fut le grand œuvre de ces « écrivains épidermiques » (Jean-Pierre Richard), le doute subsistera néanmoins, et Edmond peut écrire : « Zola et Daudet n'ont fait que grandir par leurs œuvres, tandis que je n'ai pu inventer qu'une académie que Vallès a trouvée ridicule et dont Vallès vient de s'échapper ; mon journal n'a de valeur que par sa malveillance et je n'ai donné des gens de mon temps que des images grotesques... »

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GONCOURT EDMOND (1822-1896) ET JULES DE (1830-1870)

Écrit par :  Robert RICATTE

Dans le chapitre "Deux frères"  : …  courtisanes royales, la du Barry, madame de Pompadour... avaient suscitées du vivant de son frère. *Le Journal qu'ils tenaient l'un et l'autre et que continua Edmond commence à paraître du vivant de ce dernier, non sans scandales, à partir de 1887 : les premières notes y datent de 1851 et lorsque paraît le neuvième volume, en 1896, le Lire la suite

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Jules et Edmond de Goncourt

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