Kamal Joumblatt est mort assassiné à l'âge de soixante ans, le 16 mars 1977, au cœur de cette montagne libanaise dont il était un pur produit.
La gauche, dont ce chef féodal était l'incontestable figure de proue, s'est trouvée décapitée au moment où, après la guerre intérieure de 1975-1976, elle se voyait déjà dans une bien difficile posture. Le mystère qui a entouré son assassinat a ajouté une touche à l'image énigmatique de ce personnage aux contours insaisissables.
Au sein de la communauté druze, dont il était devenu au fil des ans le symbole, alors qu'il n'était à l'origine que le chef d'un des clans qui la composent, ce fut, toutes proportions gardées, le même sentiment qu'en Égypte à la mort de Nasser : la brusque disparition du père. Ses partisans appelaient d'ailleurs Joumblatt, avec un mélange d'affection et de déférence, « al-Moallem » : le sage et le maître.
Ce « prince rouge », ainsi qu'on l'a parfois abusivement surnommé, car il n'était pas marxiste, a été un des animateurs de la guerre du Liban de 1975-1976, dont il fut la dernière victime, quatre mois après la cessation des combats. Ce fut son ultime lutte. Au cours de sa carrière politique, qui […]
