5. Les motets
Partant de l'agencement polyphonique de thèmes issus du plain-chant et de l'écriture à quatre voix, Josquin a peu à peu élargi le cadre du motet, donnant plus de liberté et d'indépendance au jeu des imitations, et enrichissant l'édifice sonore de voix supplémentaires, allant jusqu'aux huit voix du Lugebat David.
Parmi les motets sur le texte des psaumes, citons notamment : Cantate Domino canticum novum (Ps., XCV), Miserere (Ps., L), De profundis (Ps., CXXIX). Le plus beau et le plus développé est le Miserere à cinq voix, composé à la cour de Ferrare, construit sur un procédé déjà utilisé par Busnois dans son motet In hydraulis (pes ascendans et pes descendans, c'est-à-dire une gamme montante et descendante servant de support à l'édifice polyphonique).
Des motets évangéliques illustrent des textes des Évangiles ; par exemple In principio erat Verbum (Évangile de saint Jean), Liber generationis Jesu Christi, In illo tempore stetit Jesus... Les motets dédiés à la Vierge sont les plus nombreux : Ave Maria, Salve Regina, O Virgo prudentissima, Virgo Dei genitrix, Benedicta es coelorum Regina, Stabat mater dolorosa (construit sur le thème d'une chanson profane, « comme femme desconfortée », dont le sujet s'apparente à celui de la « mater dolorosa »).
Plus ou moins anecdotiques, sur des sujets bibliques, notons les motets consacrés au roi David : Planxit autem David, à quatre voix, et le monumental Lugebat David à huit voix, chef-d'œuvre de construction et d'expression. Enfin, mentionnons des motets de style archaïque où se retrouve, transformée, renouvelée, la vieille technique de l'isorythmie. Le plus représentatif est Huc me sydereo descendere jussit Olympo à six voix.
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