Joshua Nkomo a été le premier leader nationaliste de la Rhodésie coloniale. Enterré avec les honneurs d'un « père de la nation », il était pourtant politiquement marginalisé depuis de nombreuses années. Depuis le début des années 1960, Nkomo n'avait cessé d'affronter Robert Mugabe ; cependant, l'âge et la maladie venus, il s'était laissé enfermer dans un poste honorifique.
Il est né le 7 juin 1917 dans le Matabeleland, où son père travaillait pour la Société missionnaire de Londres. Souvent présenté comme appartenant au groupe Ndebele, dont il assurait le leadership politique, il était pourtant issu d'un clan Shona, celui des Kalanga. Il aimait rappeler que ses parents étaient nés dans une société qui n'avait pas encore connu le joug colonial. La lutte pour l'indépendance s'inscrivait pour lui dans une continuité immédiate.
Après une formation de charpentier, il passa en Afrique du Sud pour entreprendre, à l'âge de vingt-cinq ans, des études secondaires. Durant ce séjour, il rencontra Nelson Mandela ainsi que d'autres futurs dirigeants nationalistes de la région. De retour à Bulawayo en 1948, il exerça des fonctions de travailleur social pour la compagnie des chemins […]
