2. Diversité d'une œuvre
Le fonds d'atelier que Turner laissa à sa mort était considérable : plus de vingt mille peintures, aquarelles, dessins, carnets, estampes. Doté, grâce à son succès, d'une très confortable aisance financière, il finit par se soucier assez peu de vendre et racheta même, à partir de 1830, ses tableaux plus anciens lorsque l'occasion s'en présentait. Il n'en était pas moins un infatigable travailleur, touchant à tous les domaines. L'axe majeur de son activité était la peinture de paysage, qu'il pratiqua sans discontinuer jusqu'à son décès. Il l'entendait dans un sens très étendu, rendant ainsi assez perméable la frontière avec la peinture d'histoire. Mais il fit très peu de figures et de portraits. Il fut également l'un des maîtres de l'aquarelle topographique le plus souvent destinée à être gravée, paraissant en volumes ou en livraisons régulières. C'est là un aspect très important de son travail. Turner, qui apprit lui-même à graver, surveilla en effet de très près l'interprétation et la diffusion de son œuvre par l'estampe, que ce soit dans de grandes gravures d'interprétation, dans les volumes de luxe ou d'étrennes, keepsakes ou annuals, ou par le Liber Studiorum, recueil de pièces gravées entièrement d'après lui sur le modèle du Liber Veritatis de Claude Lorrain.
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