Né le 29 mars 1941 à Philadelphie (Pennsylvanie), Joseph Hooton Taylor est le fils de fermiers quakers. Après des études à Harvard, où il soutint sa thèse en astronomie en 1968, il enseigna à l'université du Massachusetts à Amherst de 1969 à 1980, puis fut professeur à l'université de Princeton de 1980 à 2006.
En 1974, l'étudiant qu'il encadrait pour son travail de doctorat, Russell Alan Hulse, détecta avec le radiotélescope d'Arecibo (Porto Rico) de nouveaux pulsars dont un, dénommé PSR 1913+16, se révéla posséder des caractéristiques étonnantes. Sa période, de 59 millisecondes en moyenne, varie de manière intermittente de quelque 5 microsecondes sur un cycle de 7,75 heures. Hulse et Taylor comprirent qu'il s'agit d'un pulsar binaire, l'étoile à neutrons responsable du signal radioélectrique intermittent étant en orbite très excentrique autour d'une autre étoile à neutrons, elle-même invisible ; la variation de la période des détections pouvait donc être due à l'effet Doppler-Fizeau. Après quatre années d'observations et d'analyses très minutieuses, Taylor put montrer que cette période orbitale diminue régulièrement de quelque 75 millionièmes de seconde par an, et que cela était la preuve que le couple perd de l'énergie conformément aux prédictions de la relativité générale d'Einstein. Cette preuve (indirecte) de l'existence d'ondes gravitationnelles valut à Taylor de recevoir le prix Nobel de physique en 1993, prix partagé avec Hulse, qui avait entre-temps abandonné l'astronomie. L'utilisation de superordinateurs permit à l'équipe de Taylor de découvrir, durant les années 1990, de nombreux autres pulsars et, en particulier, une vingtaine ayant des périodes de l'ordre de la milliseconde.
Bernard PIRE
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