Linguiste américain dont le nom est surtout attaché à deux directions de recherche : celle des universaux du langage et celle concernant la typologie, appliquée en particulier au problème des langues africaines.
Selon la théorie des universaux du langage, il y aurait des caractéristiques communes (et indispensables) à toutes les langues, que ce soit dans le domaine de la syntaxe, de la morphologie ou de la phonétique. Cette conception se trouve mise en œuvre dans le traitement statistique dont témoignent les propres articles de Greenberg et dans un ouvrage collectif dont il a assumé la direction et qui fit longtemps autorité en la matière (Universals of Language, 1963, que suivit Universals of Human Language, 1978).
Dans le domaine de la typologie, Greenberg, sur les traces d'Edward Sapir, s'est appliqué à se dégager d'une vieille tradition à tendance génétique pour tenter d'élaborer des critères objectifs de classement des langues. Il reprend d'abord la liste de critères proposée par Sapir et l'affine dans un article de 1957 (« Nature and Uses of Linguistic Typologies », in Int. Journ. amer. Ling., no 23, 1957), proposant dix indices de classement (par exemple, suffixation, dérivation, tendances synthétiques ou agglutinantes). Puis il s'achemine vers un traitement statistique du problème de la typologie, travaillant en particulier sur les systèmes phonologiques et sur le lexique. Concernant ce dernier point, et pour éviter d'être induit en erreur par des similitudes qui ne seraient dues qu'à des emprunts, il travaille sur les mots les plus courants et évalue le pourcentage de mots « semblables » ou « apparentés » dans les langues considérées. Il propose alors de considérer comme constituant une même « famille » les langues qui ont en commun un certain stock de vocabulaire, étant entendu que les précautions prises pour éliminer les emprunts renforcent la qualité de témoignage de ce stock commun : à partir d'un certain pourcentage, le hasard est éliminé.
Appliquant cette approche statistique au domaine des langues africaines, Greenberg a proposé d'y distinguer six groupes : le groupe Niger-Congo, le groupe afro-asiatique, le groupe khoisan, le groupe chari-Nil, le groupe nilo-saharien et le groupe Niger-kordofanien (on peut se reporter sur cette question à Languages of Africa, 1966).
Quant aux familles de langues en Amérique, il considère qu'il y en a trois : l'esquimau-aléoute, le na-déné et l'amérindien, selon la classification qu'il propose dans Language in the Americas (1987).
Louis-Jean CALVET
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