Issu d'une bonne famille de parlementaires (son père a été président aux requêtes du Parlement de Paris, puis ambassadeur à Venise, enfin chancelier de François d'Alençon), le père Joseph se situe donc dans un milieu étonnamment ouvert, marqué à la fois par le service de l'État et par l'intérêt profond pour les questions religieuses. Capucin en 1599, il se consacre à la réforme de son ordre, fonde, en 1606, celui des Filles du Calvaire, prêche des missions pour le Canada et la Turquie, qui le font remarquer de la cour. Il est, en un mot, l'une des figures importantes de la Réforme catholique. Abbé des Roches, près de Fontevrault, il fait, en 1611, la connaissance de Richelieu, alors évêque de Luçon. De là date sa carrière politique, qui a suscité une bibliographie parfois hautement romanesque. Si l'on suit Tallemant des Réaux, il « n'y eût jamais un homme plus intriguant, ny un esprit de plus de feu ». Et d'ajouter : « Ce n'était pas un sot, il soulageait le Cardinal, et le Cardinal ne faisait pas un pas sans luy. » Disons qu'il a été l'« éminence grise » des grands projets un peu chimériques et celui des préparations minutieusement implacables. À mi-chemin entre la politique et […]
