3. L'histoire du capitalisme
• Cycles et croissance
À partir de l'innovation, Schumpeter explique l'alternance cyclique des phases de prospérité et de dépression. Les innovations en effet en suscitent d'autres, aussi a-t-on affaire à des grappes d'innovations qui déclenchent l'expansion économique. Cette expansion ayant épuisé ses effets et rencontré un certain nombre d'obstacles, une remise en ordre monétaire aura lieu, qui se traduira par une crise suivie d'une dépression. Les innovations étant d'importance variable, et donc les perturbations qu'elles provoquent étant d'amplitude diverse, Schumpeter en conclut que plusieurs cycles coexisteront, se combineront et seront en interaction mutuelle. C'est ainsi qu'il a distingué un cycle long de cinquante-cinq ans ou cycle de Kondratiev, un cycle moyen de neuf ou dix ans ou cycle de Juglar et un cycle court d'une quarantaine de mois ou cycle de Kitchin. Ce que les économistes appellent aujourd'hui la croissance correspond donc à la phase d'expansion des cycles longs, et Schumpeter insiste sur le fait qu'il n'est de croissance que cyclique ; autrement dit, la croissance ne se comprend pas sans le cycle. Chaque cycle observable présente une individualité historique qui oblige l'analyste à rechercher ses causes spécifiques. Le déroulement du cycle se confond ainsi avec l'histoire du capitalisme.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



