Dans ses Souvenirs du temps passé(Recuerdos del tiempo viejo, 1880-1883), Zorrilla rapporte plusieurs anecdotes de son existence besogneuse et mouvementée. Un poème qu'il lit sur la tombe de Larra (1837) lui acquiert d'emblée la célébrité. À Madrid, il écrit dans les journaux, publie des recueils poétiques, fait représenter plusieurs drames. Il se rend en France (1850), puis au Mexique (1855) où il bénéficie de la protection de l'empereur Maximilien. Il revient en Espagne, séjourne à Rome et en France de nouveau ; il se consacre activement à la littérature, est élu à l'Académie. En 1889, il reçoit à Grenade une couronne d'or qui consacre sa gloire littéraire. Son œuvre poétique, abondante, musicale, sonore et colorée, a souvent des accents fougueux ; la tradition nationale ou des motifs religieux en fournissent les thèmes. Une improvisation tumultueuse se donne trop souvent libre carrière aux dépens de l'émotion juste ou de l'expression originale. C'est dans les récits légendaires qu'il puise le meilleur de son inspiration ; la sobriété de la narration, l'ornementation lyrique, le talent descriptif, l'ampleur de l'imagination sont leurs meilleures qualités.
