Président du Salvador de 1984 à 1989, José Napoléon Duarte est d'origine modeste. Acharné au travail, il va se former aux États-Unis grâce à une bourse et devient ingénieur des travaux publics.
Chez lui a grandi une vocation politique inspirée par la doctrine sociale de l'Église catholique. En 1960, il fonde le Parti démocrate-chrétien (P.D.C.) et incarne alors les aspirations au changement de la classe moyenne et des couches populaires, face au vieux parti dit de « conciliation nationale » lié à l'armée.
Celui que les petites gens appellent Napo conquiert la mairie de la capitale, San Salvador, en 1964, et exerce trois mandats consécutifs. Il engrange une belle popularité. En 1972, à la tête d'une coalition qui regroupe, aux côtés du P.D.C., le Mouvement nationaliste révolutionnaire (M.N.R.), social-démocrate, conduit par Guillermo Ungo et l'Union démocratique nationaliste (U.D.N.), proche du Parti communiste interdit, Napoléon Duarte remporte l'élection présidentielle.
Mais l'Union nationale d'opposition (U.N.O.) a beau avoir gagné, elle est frustrée de sa victoire par les militaires et le colonel Arturo Molina devient président.
Déposé, emprisonné, torturé, expulsé, Napoléon Duarte s'exile au Venezuela, où la puissante Démocratie chrétienne locale l'aide à devenir un industriel prospère, aux idées nettement plus conservatrices.
C'est en politicien orgueilleux, habité par toutes les ambitions, qu'il revient au Salvador, à la faveur du coup d'État du 15 octobre 1979 par lequel de jeunes officiers renversent le général-président Humberto Romero.
Le pays qu'il retrouvait était bien différent de celui qu'il avait quitté : des organisations populaires étaient nées, ardentes à mener les luttes revendicatives, tandis que s'exacerbaient les tensions locales et qu'apparaissaient divers mouvements de guérilla. Jusqu'à l'élection d'une Assemblée constituante en 1982, Napoléon Duarte est à la tête d'une junte civile et militaire que ses éléments progressistes ou même modérés ne tarderont pa […]
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