2. L'écrivain
Seules quelques pièces de théâtre, quelques recueils de vers et certains essais politiques ont été publiés du vivant de Martí ; l'édition de ses œuvres compte cependant vingt-sept volumes.
L'œuvre de Martí est politique au sens le plus large de ce terme. Aussi n'est-il pas étonnant, par exemple, que le genre auquel Martí s'adonne avant tout soit le journalisme : sa prose reste essentiellement « fonctionnelle » et, « sous quelque aspect que l'on aborde sa pensée, on voit surgir le terme utilité, qui est peut-être le mot clef de son vocabulaire ». Mais il importe de faire une place à part à sa production poétique.
Dès son plus jeune âge, Martí écrit des vers. Les poèmes de jeunesse, dont les plus importants, A mis hermanos muertos el 27 de noviembre, en 1872, et Patria y Mujer, en 1875, sont caractéristiques de l'influence qu'exercent sur Martí les maîtres cubains, Mendive et Heredia. Le premier recueil important Ismaelillo, du nom de son fils, paraît à New York en 1882 ; ces quinze poèmes, courts et tendres, marquent le renouveau d'une poésie en langue espagnole qui revient aux sources du Moyen Âge et de la chanson populaire. Les Versos libres, publiés à titre posthume en 1913, retracent une période déjà plus troublée : la vie publique y a pris le pas sur la vie privée, le contenu domine la forme, l'expression est riche en symboles universels et rappelle Walt Whitman, le poète américain dont Martí a d'ailleurs contribué à vulgariser l'œuvre en Amérique latine et centrale. Les Versos sencillos ne seront publiés qu'en 1930 : plus encore que les premiers, ils portent la marque de l'autobiographie, que Martí y décrive les premiers désordres à La Havane en 1896, son passage à Saragosse, ses rencontres avec Gómez et Maceo, ou qu'il fasse allusion à la fameuse Conférence internationale de 1889 aux États-Unis.
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