Bien que sa notoriété s'efface derrière celle de l'Opus Dei, son œuvre dans les deux sens du terme, José Maria Escriva de Balaguer y Albas fut l'une des figures les plus singulières et les plus controversées du catholicisme du milieu du xxe siècle, en même temps qu'une des personnalités les plus connues et les plus discutées de l'Espagne d'après la guerre civile. Le futur président général de l'Opus Dei naît en 1902 dans la petite ville aragonaise de Barbastro, dans une famille de petits commerçants bien pensants. La carrière ecclésiastique constitue pratiquement pour lui la seule voie de promotion sociale ; il mène de front une licence en droit et des études au séminaire de Saragosse, où le remarque l'archevêque. Ordonné prêtre en 1925, le jeune Escriva soutient sa thèse de doctorat en droit la même année. Puis il délaisse la province pour Madrid, où il se fixe en 1926 après avoir obtenu de quitter son diocèse d'origine, dans lequel le cardinal Soldevila, son protecteur, a été assassiné trois ans plus tôt par un anarchiste.
Alors commence, jusqu'en 1936, la phase obscure de l'existence de l'abbé Escriva. Aumônier du couvent où il loge et professeur de philosoph […]
