Né en 1902 à Barcelone, José Luís Sert appartient à une famille dont un des membres fut protecteur de Gaudí. Son oncle José María Sert y Badía était un fresquiste réputé qui décora la cathédrale de Vich en Catalogne (1904-1926), le hall du Rockefeller Center (1933) et la salle du conseil de la Société des Nations à Genève.
Sert est de cette génération d'architectes qui purent entrer sans transition dans la modernité. Il fait partie à Barcelone du groupe de jeunes étudiants contestataires qui font venir Le Corbusier pour une conférence en 1927. Frais diplômé l'année suivante, il est engagé par ce dernier pour travailler dans son atelier parisien sur le deuxième projet du Palais des Nations.
Il participe aux C.I.A.M. (congrès internationaux de l'architecture moderne) à partir de la réunion de Francfort en 1929, et il est cofondateur la même année du Gatepac de Barcelone (Groupe des architectes et techniciens pour la résolution des problèmes de l'architecture moderne), mouvement très actif qui publie la revue Arquitectura contemporanea (1931-1937). Sert joue un rôle prépondérant dans l'élaboration des projets collectifs du groupe (plan directeur de Barcelone, 1934-1935) et réalise le prototype recommandé – la « casa-bloc », deux cents logements sociaux regroupés en un immeuble en forme de grecque – pour remplir le nouveau plan en damier de l'extension de Barcelone.
Avec José Torres i Clavé et Joan Baptista Subirana i Subirana, il construit en 1935, pour le nouveau gouvernement catalan, un dispensaire antituberculeux : un superbe bâtiment-manifeste, proche du premier langage de Le Corbusier.
Sert et sa femme Moncha ont pour amis Calder, Miró et les surréalistes qu'ils fréquentent dans leurs cercles parisiens. Aussi, à l'Exposition internationale de Paris, en 1937, il est choisi, avec Luis Lacasa, pour le pavillon de la République espagnole. De simples planchers légers, clos de fins pans de verre, et une salle de plein air recouverte d'un vélum abritent les œuvres de Calder, d'Alberto Gonzá […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 2 pages…



