De père israélite, l'écrivain colombien Jorge Isaac est resté marqué par le décor de son enfance, la vallée du Cauca où était établie l'hacienda paternelle. Appartenant au groupe du Mosaico qui désigne à la fois une revue et un courant littéraire, il débute en publiant des poèmes évoquant ses souvenirs d'enfance, des récits, des paysages ; il prend part aux luttes civiles qui déchirent son pays et lui inspirent des chants patriotiques, des réflexions morales ; Saulo(1881) confirme ses dons de poète. Cependant c'est son roman María (1867) qui lui valut sa renommée universelle. Ce chef-d'œuvre romantique, influencé par Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre mais aussi par Atala de Chateaubriand, est un roman autobiographique dont l'action se situe dans un paysage paradisiaque ; c'est aussi une peinture de mœurs d'une société féodale idéalisée. Éphraïm, fils d'un juif converti de la Jamaïque fixé dans la région du Cauca, revient à l'hacienda familiale avant de partir en Europe poursuivre des études de médecine. Il tombe amoureux de la pupille de son père, María, atteinte d'épilepsie. Contraint par son père à partir, il ne reverra pas Marí […]
