Volte/Face (Face/Off, 1997), le vingt-cinquième film de John Woo après vingt-cinq ans de carrière, est aussi le premier à avoir porté à la connaissance d'un large public le style flamboyant de ce réalisateur de Hong Kong devenu maître du cinéma d'action à Hollywood. Découverts en France à partir de 1993, ses films justifient leur réputation de violence et de maestria grandioses, réputation acquise auprès des cinéphiles, enthousiasmés par ce réalisateur dont le travail offre une pure illustration des théories du cinéma d'auteur : une vision personnelle mise à l'œuvre dans le cadre des conventions du genre, ici le film de gangsters. Un dualisme que l'on retrouve dans l'histoire immuable que racontent les films de John Woo, dominés par le motif du duel, et jusque dans l'histoire de sa vie, liée à l'univers des gangsters du quartier de Hong Kong où il passa son enfance, mais aussi, très vite, à celui du cinéma. Cinéphile précoce, John Woo admire le cinéma commercial chinois et le cinéma japonais, les classiques du cinéma américain et les innovations de la nouvelle vague, les films de Jean-Pierre Melville et ceux de Jacques Demy. La revendication de toutes ces influ […]
