Dramaturge élisabéthain. La vie de John Webster comme celle de nombre de ses contemporains est très peu connue, et il est difficile de le situer autrement que par ses deux chefs-d'œuvre, Le Démon blanc (The White Devil, 1609-1612) et La Duchesse d'Amalfi (The Duchess of Malfi, 1613-1614, éd. 1623). Son nom apparaît pour la première fois sur les registres de Henslowe en 1602, avec ceux de Middleton, de Thomas Dekker, d'Anthony Munday, de Michael Drayton. Il collabore avec Dekker en 1605 et 1606, pour les comédies de En avant vers l'Ouest (Westward Hoe) et En avant vers le Nord (Northward Hoe), peintures de la vie bourgeoise sur un fond de plaisanteries équivoques. En 1612, il participe avec Thomas Heywood et Cyril Tourneur à la composition d'un volume d'élégies pour la mort du prince Henry. En 1617, il écrit encore Le Procès du diable (The Devil's Law Case) et, en 1625, Cure pour un cocu (A Cure for a Cuckold), en collaboration avec Rowley. Quant à Appius et Virginia, tragédie publiée en 1654 seulement, elle fut composée probablement avec Heywood, à une date indéterminée encore aujourd'hui (1609 ou 1625).
Mais la grande réputation dont jouit Webster repose sur ses deux grandes tragédies, Le Démon blanc et La Duchesse d'Amalfi. Ce sont des pièces d'une extraordinaire densité de sujet et d'écriture. Elles jettent mille feux par les images et les métaphores qui sont intégrées dans les discours et les personnages se détachent dans les situations qui leur sont faites avec une vigueur et une netteté qu'on ne peut imputer à aucun autre dramaturge, sinon Shakespeare. Certes, Webster possède une grande culture littéraire, car il emprunte beaucoup, mais si les érudits se font une joie de déceler ces emprunts, ils omettent de dire qu'ils sont toujours absorbés et revivifiés avec une étonnante maîtrise. Ses formules épigrammatiques, ses conceits savoureux, par l'intensité des émotions qu'ils expriment, par la lumière qu'ils projettent sur les personnages, donnent à ses effets dramatiques une force d'impa […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



