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STEINBECK JOHN (1902-1968)

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4.  La recherche d'un humanisme

À l'est d'Éden (East of Eden, 1952) illustre le mieux cette nouvelle étape. On y retourne dans la vallée de Salinas qui n'est plus maintenant paradis, mais jardin à l'est d'Éden où Adam et Ève vivent après la chute. C'est l'histoire, à peine déguisée, de Caïn et d'Abel, entremêlée de réflexions philosophiques où l'ancienne inspiration « panique » se conjugue difficilement avec le nouveau soupçon à l'égard de la nature humaine. Le dernier mot reste à Lee, vieux domestique chinois plein de sagesse, qui, en reprenant le mot biblique « timshel », qu'il traduit par « tu peux », réaffirme le libre choix humain. Steinbeck aboutit, en fin de compte, à un humanisme difficile, déchiré entre la possibilité du bien et celle du mal. Il y a beaucoup de banalités dans tout cela, même si la pensée se fait plus complexe, et le parallélisme exact avec l'histoire biblique impose au récit un cadre trop rigide pour que l'imagination s'y déploie à l'aise et pour que les personnages y vivent de leur vie propre. Mais il y avait dans ce livre, le dernier grand livre de Steinbeck, une ambition d'allégorie morale dans la tradition américaine qui méritait mieux que cette demi-réussite.

Steinbeck connaît alors une fin de carrière décevante que ne rachète pas le prix Nobel contesté qu'il reçoit en 1962. Son dernier roman, L'Hiver de notre mécontentement (The Winter of Our Discontent, 1961), marque un désenchantement de l'auteur en même temps qu'un déclin. Steinbeck meurt à New York. Son œuvre, prise dans son ensemble, révèle un talent puissant mais parfois brouillon, plus complexe qu'il n'y paraît à première vue. Bien qu'aisément tenté par un sentimentalisme facile et un symbolisme excessif et mal contrôlé, d'une psychologie trop stéréotypée, il est souvent illuminé par la fraîcheur spontanée de l'imagination et la générosité passionnée qui l'inspire.

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Dans le chapitre "L'homme de la nature"  : …  hommes de lettres se révèlent passionnément agrariens. Frank Norris commence une épopée du blé et *John Steinbeck vendange sur les vignes américaines les « raisins de la colère » (The Grapes of Wrath, 1939). Même le fermier embourgeoisé et presque urbanisé que dépeint Truman Capote dans De sang froid (In Cold Blood, 1965… Lire la suite
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