Étrange destinée que celle de John Nash qui devint sur le tard l'architecte favori du régent (futur George IV), puis connut la disgrâce, marqua profondément le paysage urbain de la capitale anglaise, mais fut l'objet d'acerbes critiques et dont l'œuvre disparate et inspirée divise encore les historiens. Quoique exactement contemporain de Soane, Nash est en fait un homme du xixe siècle, puisqu'il ne commença réellement sa carrière que vers l'âge de cinquante ans. Il connut le néo-classicisme triomphant de la fin du xviiie siècle, mais s'en démarqua assez vite. Son rôle déterminant dans le courant de l'esthétique « pittoresque » ainsi que son goût pour les styles historiques et exotiques en font le champion de l'éclectisme. Un contemporain le décrit comme un « génial improvisateur en architecture ». Plus attentif aux inventions formelles qu'aux détails, il n'échappa pas toujours à une certaine maladresse dans les proportions et fit quelquefois preuve de négligence dans l'exécution de ses projets, défauts qui précipitèrent sa perte lors de l'échec de la construction du palais de Buckingham.
Il travailla dans sa jeunesse dans l'agence de Robert Taylor. Un héritage important lui permit de se lancer dans la spéculation immobilière et il édifia alors des séries d'immeubles à bon marché dont certains subsistent dans les quartiers de Bloomsbury. Mais il fit faillite en 1783 et se retira alors au pays de Galles, où il devint l'architecte attitré des gros propriétaires fonciers. Le vrai départ de sa carrière date de sa rencontre avec Humphrey Repton (1752-1818), le théoricien incontesté du jardin paysager, avec lequel il noua une fructueuse collaboration jusqu'en 1802. Tandis que Repton agençait les propriétés et aménageait les parcs, Nash reconstruisait ou transformait les maisons, multipliait les pavillons, les laiteries et autres « fabriques ». Ce faisant, il fut amené à adopter le style pittoresque qui, comme à Luscombe (Devon), pour la maison du banquier Charles Hoare (1800), se fonde sur une irrégularité médi […]
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