4. L'échec
Cependant, une résistance aux activités de Law s'organisait sous la direction des frères Pâris et Crozat, financiers de la vieille école ; l'« anti-système » revêt bientôt la forme d'une spéculation à la baisse qui menace la Compagnie et la Banque. Certes, Law obtient en janvier 1720 la charge de contrôleur général des finances et, en février, la réunion officielle de la Banque royale et de la Compagnie perpétuelle ; visant plus loin, il projette une refonte de la fiscalité française : il envisage l'instauration d'un impôt unique sur le revenu, payable par tous, et le remboursement de la Dette et des offices par des actions de la Compagnie.
L'œuvre de Law était, par nature, à la merci d'un retournement de l'opinion : l'agiotage provoqua ce renversement. Les émissions de billets par la Banque avaient atteint un milliard de livres en janvier 1720 ; le capital de la Compagnie, accru par paliers, était passé à 322 millions. Le déchaînement de la spéculation dans les officines de la rue Quincampoix avait porté les actions de 500 livres au cours de 20 000 livres ! À ce niveau, les dividendes distribués par la Compagnie parurent dérisoires, et la rentabilité des titres, nulle. Les intrigues des tenants de l'« anti-système » amorcèrent le reflux des cours ; lorsque les gros détenteurs de billets de banque – tels le duc de Bourbon ou le prince de Conti – commencèrent à réaliser leurs avoirs en espèces, le climat de confiance s'évanouit définitivement. Les efforts de Law pour accélérer la mise en valeur de la Louisiane, pour dégoûter le public des pièces d'or et d'argent par de nombreuses mutations monétaires, pour interdire aux particuliers la détention de monnaie métallique, ne parvinrent pas à enrayer le mouvement cumulatif de baisse. Le discrédit des billets de la Banque et des actions de la Compagnie devint tel qu'en juillet et août 1720 des scènes d'émeutes se déroulèrent aux guichets de la Banque où la foule se pressait pour réclamer le remboursement en espèces d […]
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