3. Les réalisations
Le 2 mai 1716 fut fondée une simple banque privée, au capital de 6 millions de livres, en 1 200 actions payables pour un quart en espèces et pour trois quarts en papier d'État. Début modeste mais prometteur, car la banque réussit bien. Aussi, dans un second temps, et par arrêt du 10 avril 1717, les billets qu'elle émettait furent-ils reçus dans les caisses publiques, en paiement des impositions. À la fin de 1717, un dividende de 7,5 % fut réparti aux actionnaires. Déjà la compagnie de commerce avait été fondée et avait reçu l'actif et le privilège de la compagnie créée en 1713 par Antoine Crozat pour mettre en valeur la Louisiane. Très vite, l'exploitation des Antilles, du Sénégal, du Canada, allait lui être confiée ; elle recevait un capital de 100 millions de livres, réparti en 200 000 actions de 500 livres libérables uniquement en billets d'État et dont le Trésor public versait l'intérêt au taux de 4,5 % l'an. Pour soutenir l'effort de colonisation de la Compagnie, pourvue d'un monopole, une large publicité, souvent mensongère, était donnée aux richesses du bas Mississippi.
Le succès s'affirme au cours des mois suivants ; la banque devient Banque royale en décembre 1718 ; la compagnie reçoit le titre de « Compagnie perpétuelle des Indes » en mai 1719, et achève d'absorber toutes les autres compagnies privilégiées antérieures. Ainsi se développe régulièrement une vaste expérience d'économie dirigée, jalonnée par la passation, en août 1719, d'un bail entre la Compagnie perpétuelle et l'État, pour la perception des impôts indirects, moyennant des annuités de 55 millions, et par l'octroi en juillet, à la même Compagnie, du privilège de fabriquer la monnaie ; chargée des recettes générales de l'impôt direct, la Compagnie perpétuelle avait en main, de concert avec la Banque royale, les principaux leviers de l'activité économique ; à elles deux, ces institutions contrôlaient notamment toute la circulation monétaire.
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