2. Un ardant défenseur de l'action publique
Cette théorie souffre selon lui d'un vice initial qui est de partir d'hypothèses erronées. La vision d'un monde où des producteurs en situation d'égalité baissent régulièrement leur prix pour conserver leur part de marché, et ce pour le plus grand bénéfice des consommateurs, est à ses yeux une imposture. Les entreprises font tout pour échapper à la concurrence et y parviennent sans trop de difficultés. Quelques firmes de référence contrôlent l'économie mondiale, imposent leurs prix à leurs fournisseurs et à leurs clients et accumulent les profits. L'entrepreneur qui, par son audace et son inventivité, serait à l'origine de la croissance économique n'existe plus s'il a jamais existé. Il a cédé la place au „manager“ qui, formé dans des business school, applique sans états d'âme des méthodes scientifiques de gestion et de contrôle des marchés. Ce manager a alors son pendant dans les pays socialistes où le planificateur organise l'économie selon des critères qui, malgré un vocabulaire différent, sont les mêmes que ceux des dirigeants du capitalisme. Dès lors, l'État doit mener des actions de défense des pauvres et des perdants. Première action, celle keynésienne de soutien à l'activité économique par la politique budgétaire, pour éviter le chômage ; deuxième action, celle d'un État-providence généreux qui mette les plus faibles à l'abri du besoin ; troisième action, la mise en place de tout un arsenal juridique de protection des consommateurs.
Galbraith ne se contente pas de théoriser. Il s'engage dans l'action politique au sein du Parti démocrate et devient, en 1961, conseiller du président John Fitzgerald Kennedy. Ses rapports avec le monde politico-administratif de Washington ne sont cependant pas des meilleurs. Il préfère se faire nommer ambassadeur en Inde (1961-1963) et, quand il revient aux États-Unis, il rompt même avec le président Johnson à cause de la guerre du Vietnam. Il préférera influer sur les événements en publiant des articles de presse et en rencontrant de temps en temps les leaders du parti.
[…]… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



