Né dans un canton du Yorkshire où son père avait une petite propriété, John Hughlings Jackson commença, à dix-sept ans, ses études de médecine à York, dans l'école où professait Thomas Leycock. Auprès de lui, il s'intéressa (après avoir été tenté de poursuivre ses études en philosophie) à ce qui devait devenir le sens de toute son œuvre : les rapports du cerveau et de la pensée. Il publia, en 1859, un livre en deux tomes, Brain and Mind, et obtint son diplôme de doctorat à l'université de Saint Andrews, cette même année. Il partit alors pour Londres ; en 1863, il fut nommé médecin assistant au National Hospital for Nervous Diseases qui venait d'être fondé. Quatre ans plus tard, il fut nommé chef de service de cet établissement qu'il ne quitta qu'au moment de sa retraite en 1896. À partir de 1864, il eut aussi un service et un enseignement au London Hospital.
Au cours d'une vie extraordinairement laborieuse, il publia plus de trois cents écrits et mémoires dont la liste figure à la fin des Selected Writings publiés en 1932.
Son œuvre est d'abord caractérisée par son orientation vers la neuro-physio-pathologie (« Croonian Lectures », Royal College of Physicians (1884) ; articles dans Lancet, Medical Times and Gazette, Brain, Medical Press and Circular) ; mais ce grand neurologue, si connu pour ses travaux sur l'épilepsie et l'aphasie, ne cessait, à l'époque des grands débats sur les localisations cérébrales, de s'interroger sur les « centres nerveux supérieurs » (highest level centers of the nervous system). Se fondant sur le système de pensée évolutionniste (Spencer, Darwin), il pensait que les affections du système nerveux ne peuvent se comprendre qu'en se référant aux niveaux de l'évolution de ses fonctions. Celle-ci implique, en effet, un progrès allant du plus automatique au moins automatique.
Mais — embarrassé par sa position métaphysique dualiste —, Jackson (tout en décrivant par exemple dans les états crépusculaires de l'épilepsie psychique les troubles de la conscience comme un m […]
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