Mathématicien de formation, le Suédois Knut Wicksell
ne vient que tardivement à l'économie. Après divers séjours à l'étranger, en particulier à Vienne où il suit l'enseignement de Bohm-Bawerk, il enseigne à l'université de Lund. Radical de tempérament, il prend une part active aux affaires publiques de son pays. On peut distinguer dans son œuvre deux parties essentielles.
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Knut Wicksell Knut Wicksell (1851-1926). Économiste suédois, auteur des Lectures d'économie politique (1901), un ouvrage qui préfigure l'intérêt que les keynésiens porteront à la monnaie et aux incidences de cette dernière sur l'économie réelle, aux antipodes de la «neutralité monétaire» chère aux classiques.…
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Une partie de ses travaux se situe dans la tradition classique. Valeur, capital et rente (Über Wert, Kapital und Rente, 1893) et surtout ses Lectures d'économie politique (Vorlesungen über national Ökonomie, 1901) représentent des exposés magistraux de la théorie néo-classique de la production et de la répartition, dont la clarté d'exposition, alliée à la technicité ont pu faire considérer Wicksell comme « l'économiste des économistes ».
Dans d'autres travaux et, en particulier, dans Intérêt et prix (Geldzins und Güterpreise, 1898), il ouvre à la science économique des voies nouvelles, élaborant une théorie de l'équilibre général. L'abandon de la loi de Say (et par conséquent la reconnaissance de la possibilité de déséquilibres économiques durables), le rejet de la théorie quantitative de la monnaie au profit d'une théorie du revenu constituent la partie critique de cet ouvrage. La partie positive est représentée par la distinction du taux naturel (expression que Myrdal propose de remplacer par celle de rendement du capital réel) et du taux monétaire d'intérêt, ce qui est une anticipation remarquable de la construction keynésienne. La divergence d'évolution de ces taux et, corrélativement, celle des anticipations des sujets économiques qui s'y trouvent liées sont à l'origine de processus cumulatifs par les conséquences qu'ils entraînent sur l'investissement. Wicksell propose ainsi, d'emblée monétarisée et inclinant en particulier l'introduction du système bancaire, une approche nouvelle des questions d'équilibre économique qui remplace la statique comparative par une analyse dynamique ; l'école dite de Stockholm devait tout particulièrement approfondir cette dernière.
Guy CAIRE
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