Virologiste américain né à West Hartford (Connecticut). Après des hésitations sur sa véritable vocation – pilote à l'U.S. Air Force (1917-1919), étudiant en commerce puis en littérature (1919-1924) –, Enders opte pour la biologie et prépare une thèse de bactériologie et immunologie à l'université Harvard (1930). Enseignant, il est promu professeur de cette même université et directeur du département des maladies infectieuses à l'hôpital des enfants de Boston. En 1954, il partage, avec ses collaborateurs F. C. Robbins et T. H. Weller, le prix Nobel de physiologie ou médecine pour leurs travaux communs sur la culture du virus de la poliomyélite.
Les virus sont des particules inertes qui ne se multiplient qu'à l'intérieur de cellules vivantes dont ils détournent la machinerie. Cependant, la spécificité plus ou moins grande des virus vis-à-vis de leur cellule hôte rend difficile leur culture et complique donc leur étude. Le mérite d'Enders et de ses jeunes collaborateurs est d'être parvenus (1949), en adaptant la technique mise au point par des Britanniques (Maitland, 1928), à lever le neurotropisme du virus de la poliomyélite et à le cultiver sur des tissus humains différents (cerveau embryonnaire, peau, muscle...). Cette technique devenue routinière a rendu possible l'isolement et l'identification de nombreux virus, même les plus silencieux, et, en cela, elle a permis de développer la lutte contre les maladies virales. C'est en ce sens que les travaux d'Enders et de ses collaborateurs ont véritablement impulsé l'essor de la virologie moderne.
Samya OTHMAN
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