Humaniste anglais, John Colet était fils d'un lord-maire de Londres et élève d'Oxford. Son séjour de trois ans en Italie, de 1493 à 1496, lui vaut de connaître les Florentins Marcile Ficin, Pic de La Mirandole, Savonarole ; ils lui inspirent son exigence de pureté, sa croyance en la valeur de toutes les religions, son idéal de régénération du christianisme à la lumière des maîtres de l'Antiquité, mais aussi sa conviction de la destinée particulière de ce même christianisme. À la même époque, à Paris, il rencontre Érasme et les érudits de la Sorbonne et contracte ainsi des liens durables avec les citoyens de la république des lettres. Rentré dans son pays, il enseigne la théologie et le grec à Oxford, alors principal centre de l'humanisme et de la critique biblique en Angleterre. En 1505, il est nommé doyen de St. Paul et se consacre à une double activité, religieuse et éducative, cette dernière dans le cadre de l'école de St. Paul qu'il crée. Il se fait l'avocat vigoureux d'une réforme de la discipline au sein de l'Église et dénonce la corruption, la simonie, la non-résidence, le mode de vie, enfin les excès de toutes sortes qui lui paraissent affecter le clergé anglais. À aucun moment, il ne met en question la fidélité envers Rome. Héritier de courants multiples, prolongeant parfois l'esprit et l'action de John Wyclif, Colet aura surtout été le propagateur d'un christianisme d'inspiration purement biblique et d'essence quelque peu mystique ; il aura fondé la volonté de recourir constamment aux Écritures elles-mêmes. Contemporain d'Érasme, il a été l'un de ses maîtres à penser. On doit le ranger au nombre des préréformateurs qui ont préparé, sous le règne de Henri VIII, une transformation fondamentale de la manière de vivre et de la manière de croire du clergé anglais.
Roland MARX
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