Pour la postérité, le nom de John Blow est lié à celui de Henry Purcell, dont il a été à la fois le maître et l'ami, et à la mémoire duquel il a dédié une de ses plus nobles compositions, Ode on the Death of Mr. Henry Purcell (1696). On peut aussi penser que la seule œuvre qu'il ait écrite pour la scène, Venus and Adonis (1682-1685 ?), à la demande de Charles II, a pu servir de modèle à Dido and Aeneas (1689), qu'il annonce, tant par la forme — celle d'un opéra de chambre à l'italienne — que par l'esprit et la sensibilité sans toutefois l'égaler en éminence.
Formé dès la Restauration aux disciplines dispensées par la Chapelle royale — cette pépinière de musiciens immédiatement rétablie par le souverain rentré de son exil en France — le jeune homme se voit nommé dès 1668 organiste à Westminster Abbey, poste qu'il ne quittera qu'en 1679 en faveur de Purcell, pour le reprendre en 1696 à la mort de ce dernier. Devenu entre-temps, en 1674, gentleman puis maître des enfants de la Chapelle royale, il y reçoit en outre en 1676 la charge d'organiste, qu'il partage à partir de 1682 avec son illustre élève, cumulant ces divers emplois, de 1687 à 1703, avec celui de maître de chapelle de la cathédrale Saint-Paul, et, en 1700, avec celui, tout récemment créé, de compositeur de la Chapelle royale : carrière, on le voit, chargée d'honneurs et de besogne, qui lui impose parallèlement d'écrire une œuvre abondante dans tous les domaines, musique sacrée, pièces de circonstance, mais aussi musique vocale profane et musique instrumentale.
Cette dernière, largement réservée à l'orgue et au clavecin, exploite les diverses formes attestées à l'époque pour les deux instruments — grandes formes contrapuntiques surtout pour le premier, propres à être exécutées dans le vaste vaisseau d'une cathédrale, et pour le second grounds, chaconnes et autres danses souvent organisées en « suites » que l'on retrouve dans divers recueils du temps. La musique vocale profane est principalement représentée par des pièces à une, deux ou t […]
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