Le prix Nobel récompensa, en 1944, une œuvre sans équivalent dans la littérature danoise et dont la puissance et la vitalité sont la marque distinctive.
Né à Farsø, dans le Himmerland, Jensen songea d'abord à étudier la médecine et les sciences exactes. Mais il comprit très vite que seule la littérature pourrait lui permettre d'affronter de face le seul problème qui le passionnait, celui que pose la vie, source à la fois de bonheur et de souffrance. Divers essais romanesques lui permettent de mettre au point, outre un style d'une rare maîtrise, les deux thèmes centraux de son œuvre : celui de la précellence du « Goth » (anglo-saxon, allemand, scandinave), vrai vecteur de l'évolution avec son esprit d'entreprise, sa soif de progrès et son don de réalisation, et celui de la technique à laquelle Jensen ne cessera plus de vouer une admiration inconditionnelle. Ces vues sont proclamées dans La Renaissance gothique (1901), puis dans Le Nouveau Monde (1907) et Esprit nordique (1911). Avec La Chute du roi (1901) et les Poèmes de 1906, une autre tendance, l'exaltation de l'invincible vitalité conjuguée à une dépréciation cinglante du pes […]
