Fils d'un jardinier, Johannes Hans Daniel Jensen naît le 25 juin 1907 à Hambourg et meurt le 11 février 1973 à Heidelberg (Allemagne). Après des études à Hambourg et à Fribourg-en-Brisgau, il passe sa thèse en 1932, puis devient assistant à l'institut de physique théorique de l'université de Hambourg. Professeur à l'université de Hanovre à partir de 1941, il y poursuit des recherches sur la structure des noyaux atomiques.
En 1948, il développe le modèle en couche du noyau atomique qui lui vaudra de partager le prix Nobel de physique 1963 avec la physicienne américano-allemande Maria Goeppert-Mayer et le physicien américain d'origine hongroise Eugene P. Wigner.
L'étude des noyaux atomiques dans les années 1930 avait révélé la remarquable stabilité des noyaux contenant un « nombre magique » (c'est-à-dire 2, 8, 20, 50, 82 ou 106) de protons ou de neutrons. Quelques physiciens avaient avancé l'idée que, de manière analogue à la description de Niels Bohr, des orbites électroniques, les nucléons (protons ou neutrons) se mouvaient sur des orbites appartenant à des couches bien séparées, les nombres magiques correspondant à des couches complètes. Ce modèle développé en détail par Jensen et ses collaborateurs (et indépendamment par Maria Goeppert-Mayer) à partir de 1948 supposait que la forte interaction entre le mouvement de rotation intrinsèque (quantifié par le « spin ») des nucléons et leur mouvement orbital était responsable de la structure des niveaux d'énergie des noyaux. De nombreuses conséquences déduites de cette hypothèse se révélèrent vérifiées par les mesures expérimentales. Quelques années plus tard, James Rainwater, Aage Bohr et Ben R. Mottelson (tous trois Prix Nobel de physique 1975) complétaient la théorie en tenant compte du couplage entre les mouvements des nucléons de la couche externe et le mouvement collectif du cœur nucléaire.
Bernard PIRE
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