Né le 16 mai 1950 à Neuenkirchen (Allemagne), Johannes Georg Bednorz fit ses études supérieures à l'institut fédéral de technologie de Zurich en Suisse et y passa son doctorat en 1982. Immédiatement engagé par le centre de recherches I.B.M. de Zurich, il y collabora avec Karl Alexander Müller à la recherche de supraconducteurs présentant une température critique plus élevée que les matériaux alors connus. En 1986, Bednorz et Müller montrèrent que certains cuprates (de formule chimique La2—xBaxCuO4—δ) possédaient une température de transition à l'état supraconducteur pouvant atteindre (pour x = 0,15) 35 kelvins. L'importance de cette découverte leur valut de se partager le prix Nobel de physique en 1987. La structure de ce nouveau matériau fut élucidée par la technique de la diffraction de neutrons en 1987 également. Une activité fébrile en résulta dans les laboratoires de physique du solide du monde entier et des milliers de publications marquèrent l'émergence d'un nouveau domaine de recherche. Dès 1987, un composé (de formule YBa2Cu3O4—δ) de température critique 94 kelvins fut obtenu, ce qui permit aux industriels de rêver d'exploiter un jour prochain des matériaux supraconducteurs ne nécessitant aucune cryogénie coûteuse.
Un nouveau matériau, le diborure de magnésium (MgB2), est apparu en 2001-2002 comme très prometteur, avec une température de transition de 40 kelvins. La compréhension de ses propriétés électriques a depuis lors progressé, et l’on s’attend à ce qu’un composé de lithium, bore et carbone (LiBC), de structure relativement proche, soit supraconducteur jusqu’à 100 kelvins.
Bernard PIRE
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