4. La musique de chambre
À côté du chapitre pianistique, celui qui revêt le plus d'importance et de signification dans la production de Brahms est celui de la musique de chambre. Elle comporte vingt-quatre œuvres allant de la sonate à deux jusqu'au sextuor. Comme la musique pour piano, elle est d'une inspiration intime, elle a un caractère de confidence, mais elle est assujettie à un souci formel plus poussé et plus constant.
Ici, Brahms s'en tient strictement au cadre beethovénien et n'introduit aucune innovation dans la conduite et la structure du discours instrumental. La forme sonate et l'esprit de variation y sont exploités dans l'esprit traditionnel, mais avec une singulière richesse d'invention et une infinie souplesse d'écriture. C'est dans cette partie de son œuvre que Brahms jette des thèmes avec le plus de prodigalité et que, d'autre part, le travail thématique est le plus poussé. On notera enfin, toujours en ce qui concerne la forme, que Brahms, doué d'esprit de synthèse comme on l'a déjà dit, aime fréquemment à combiner les structures de la forme sonate et du rondo, ce qui assouplit l'un et l'autre cadre et permet une liberté très grande au discours, lui évitant ainsi toute raideur académique.
L'esprit de la musique de chambre de Brahms est totalement celui de la « musique pure » ou, comme disent les Allemands, de la « musique absolue ». Toutefois, des prétextes d'inspiration sont parfois visibles : telle source littéraire, dans les sonates pour violon et piano ; telle impression née de la nature, et c'est le cas de la majorité de ces compositions ; plus rarement une suggestion de caractère tragique comme c'est le cas pour le Quatuor pour piano et cordes op. 60.
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