4. Les applications de la « Doctrine de la science »
Fichte développe les applications de la Doctrine de la science dans Le Fondement du droit naturel et Le Système de l'éthique (Das System der Sittenlehre nach den Prinzipien der Wissenschaftslehre). Après avoir fondé la philosophie première, Fichte se consacre uniquement au droit et à la morale.
• Le droit et la morale
Le Fondement sépare le droit de la morale. Tandis que l'école kantienne déduisait le droit de la morale, Fichte considère que ces deux domaines doivent être séparés. Le droit est le domaine qui voit s'actualiser légitimement des volontés encore liées aux besoins et aux tendances sensibles, tandis que la morale vise l'unité spirituelle des consciences. Dans sa théorie du droit, Fichte déduit l'individualité et montre que l'homme n'est homme que parmi les hommes. Sur ce fondement de l'intersubjectivité se construit l'idée d'une communauté qui assigne à chaque individu une sphère propre. Ainsi Fichte s'oriente vers une déduction de l'existence sociale comme expression première de la raison. On trouve là un des passages les plus riches et les plus contestables de son œuvre. Le philosophe entreprend de déduire a priori les conditions de l'existence sociale de l'individu et en particulier celles du corps humain, dont toutes les fonctions portent la marque de leur destination. Dans cette déduction, Fichte a justifié a priori l'air et la lumière, ce qui devait susciter le rire de ses contemporains, mais il a aussi insisté sur le rapport qui permet à l'homme de découvrir la liberté d'autrui et on lui doit une page remarquable sur le phénomène du regard, auquel Sartre attachera tant d'importance. Dans le regard, je saisis la liberté d'autrui, car l'œil humain n'est pas un instrument, mais la possibilité en elle-même, la liberté se révélant comme un néant.
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