3. Le moment principiel de la philosophie première
• Le moi et le non-moi
Le premier exposé de la doctrine de la science, les Principes de la doctrine de la science, occupe, dans l'ensemble de la théorie, le moment initial de la synthèse quintuple générale. La fondation du système oblige à constater que l'ouvrage, qui représente la philosophie première de Fichte, visait deux buts. Tout d'abord, il s'agissait d'assurer le rapport de la conscience à l'autre, c'est-à-dire au monde, et enfin à autrui. Il s'agissait donc d'une doctrine de la conscience. Mais, en second lieu, il convenait d'établir les conditions du savoir, c'est-à-dire d'élaborer une philosophie de la connaissance scientifique. L'ambiguïté est dissimulée par le fait que la question de l'intersubjectivité est équivoque : d'une part, elle se rattache à l'idée d'une théorie de la conscience et, d'autre part, posant le problème de l'altérité, elle coïncide avec le problème du sens de l'objet. Équivoque qui rend délicate la lecture de l'exposé fondamental, mais qui, en aucun cas, ne peut permettre de revenir sur la question de savoir si la philosophie de Fichte est ou non un idéalisme ontologique. Cette question est d'ores et déjà résolue. On doit y répondre négativement. Que l'on choisisse l'une ou l'autre des branches de l'alternative, la philosophie de Fichte se propose de justifier le savoir et de déterminer la condition de l'homme.
Au lieu d'utiliser, comme Kant, une analyse régressive, Fichte part de la conscience et développe génétiquement sa vérité. La première partie de la Doctrine élabore les principes. Le premier, absolu en sa forme comme en son contenu, est le moi absolu ; je l'obtiens dès lors que je remarque que la proposition A = A, qui en tant que telle est une proposition logique et un fait de conscience indubitable, n'est que la forme logique obtenue par l'abstraction opérée sur le premier principe, le moi = moi. On s'élève donc du formel au transcendantal ; la règle supérieure de la logique formell […]
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