Fils d'un tailleur du duché de Nassau-Siegen, Jung-Stilling reçoit dans son enfance une éducation piétiste. Instituteur jusqu'en 1762, il se met ensuite à voyager, éprouvant cette année-là une illumination en même temps qu'il se sent dirigé par la Providence. Jusqu'en 1768, il ne cesse d'étudier, acquérant une immense culture ; il fait ensuite des études de médecine, particulièrement d'ophtalmologie. En 1770, il séjourne à Strasbourg, où il se lie d'amitié avec Goethe et Herder. À cette époque, la philosophie de Wolf et de Leibniz, les idées de l'Aufklärung font sur lui une impression profonde, l'amènent à douter de sa foi, qui cependant sortira renforcée d'une telle épreuve. Docteur en médecine en 1772, il s'établit à Eberfeld pour y exercer sa profession ; en 1774, il fait la connaissance de Lavater, rencontre de nouveau Goethe. À ce moment commence vraiment son activité d'écrivain.
Obtenant peu de succès comme médecin, Jung se fait nommer professeur d'économie politique à Kaiserlautern (1778), puis à Heidelberg (1784), enfin à Marburg (1787) où il passe les seize années les plus fécondes de sa vie (Blicke in die Geheimnisse der Natur-Weisheit, Berlin et Leipzig, 1787 ; Heimweh, 1794 ; Der Graue Mann, 1795-1816 ; Scenen aus dem Geisterreiche, Francfort, 1795). Les œuvres de Kant, qui proclament l'insuffisance de la raison et son incapacité à résoudre le problème de Dieu, le libèrent de ses doutes relatifs au déterminisme wolfien, tandis que les excès de la Révolution française lui prouvent la nocivité des idées de l'Aufklärung.
Ses écrits eschatologiques et théosophiques l'accaparent presque exclusivement, aux dépens de l'enseignement qu'il devrait dispenser à Marburg, si bien qu'il quitte cette ville en 1803 pour trouver en Karl Friedrich von Baden un mécène disposé à lui permettre de se consacrer à son activité de « missionnaire ». Jung-Stilling passe alors les quatorze dernières années de sa vie à Heidelberg, puis à Karlsruhe, écrivant un grand nombre d'ouvrages, multipliant des contacts ave […]
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