Né à Narbonne, au pays des cathares, Joë Bousquet est une sorte de cathare lui-même, c'est-à-dire un « pur ». Poète de la nuit, du vent et du silence, de tout ce qui est désespoir, il compose une œuvre abondante, constituée essentiellement de poèmes en prose. À sa souffrance, physique et morale, il oppose une infatigable curiosité intellectuelle, une pensée aiguë, toujours sur le qui-vive.
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Bousquet a dix-sept ans. En 1916, il devance l'appel et part au front à la tête d'une section d'un régiment disciplinaire. Le jour de son baptême du feu, il est cité à l'ordre de l'armée et décoré sur le champ de bataille. En quelques mois, il devient l'officier le plus décoré de son régiment. Mais que connaît-il de la vie, cet enfant de vingt ans, lorsque, le 27 mai 1918, une balle lui sectionne la moelle épinière ? Il survivra, paralysé des jambes jusqu'à la fin de ses jours. Sa chambre de Carcassonne, dans laquelle il passe sa vie couché et où il compose toute son œuvre, devient un lieu de rendez-vous, un « salon littéraire » où de nombreux écrivains se retrouvent autour de son lit.
Ses poèmes en prose ont été publiés par Jean Paulhan […]
