Employé de banque en Angleterre, officier allemand pendant la Première Guerre mondiale, Joachim von Ribbentrop, devient ensuite voyageur de commerce international comme représentant du champagne Pommery. Il fait de fréquents et longs séjours en Grande-Bretagne où il approche de nombreuses personnalités. Il épouse la fille du fabricant allemand de vins mousseux, Henkell, et n'adhère au national-socialisme qu'à la veille de l'arrivée au pouvoir de celui-ci, en 1932. Sa connaissance du monde anglo-saxon le fait nommer ambassadeur d'Allemagne à Londres, en août 1936.
En février 1938, il remplace von Neurath à la tête du ministère des Affaires étrangères. Dès lors, il va présider à la politique d'expansion hitlérienne ; après avoir joué un rôle particulier dans le rapprochement avec l'Italie en 1937, il vient signer à Paris (6 déc. 1938) la convention rétablissant avec la France les conditions du pacte de Locarno. Quelques mois plus tard, il conclut avec Galeazzo Ciano, à Berlin, le pacte d'Acier. Il parachève son œuvre de diplomate en signant avec Staline, le 23 août 1939, après une habile préparation, le pacte germano-soviétique. En revanche, il échoue en novembre 1940 dans la négociation avec Molotov à Berlin en vue d'un partage du monde avec l'Union soviétique. Il tente également, sans plus de succès, en juin 1941, de décider le Japon à attaquer l'U.R.S.S. Vis-à-vis de la France, de 1940 à 1944, il se montre opposé à la politique de rapprochement préconisée par Otto Abetz. « Rien ne sert de discuter ses opinions, écrira l'ancien ambassadeur de France à Berlin, Robert Coulondre, il n'écoute pas, de même que ses yeux pâles, froids et vides ne voient rien. »
Bien que Hitler ait dit de lui « c'est un génie » ou « un second Bismarck », Ribbentrop encourt le mépris quasi unanime des dirigeants du Reich, sauf celui de Himmler qui demeure son ami, du moins au début de sa carrière. Le Reichsführer lui confère le grade de Gruppenführer SS et considère sa nomination, en février 1938, à la tête des Affaires étrangères […]
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