Le moins étonnant de la vie de ce centaure n'est pas que Murat, fils d'un aubergiste du Quercy, ait débuté par le séminaire et ait été ordonné sous-diacre ; mais cette erreur d'orientation initiale est vite réparée : renvoyé du séminaire, il s'engage dans la cavalerie dès 1787, pour vingt-huit ans. Ardent patriote, le chef d'escadron Murat change un temps son nom en celui de Marat, est dénoncé comme robespierriste après le 9-Thermidor et laissé sans emploi ; sa bonne chance est de se trouver à Paris, attendant une affectation qui ne vient pas, quand Bonaparte bat le rappel des officiers républicains disponibles le 13 vendémiaire ; en un raid audacieux, Murat lui amène quarante canons dont il s'est rendu maître au dépôt des Sablons ; aussitôt nommé premier aide de camp de Bonaparte, bientôt général de division, Murat ne le quitte plus ; il va zébrer tous les champs de bataille de l'Italie et de l'Égypte par ses fulgurantes charges de cavalerie, en attendant ceux de Marengo, d'Austerlitz, d'Eylau, et tant d'autres encore. Tel il est en 1799, tel il ne changera plus : un héros doué d'un éclatant magnétisme qui en fait un irrésistible, un incomparable entraîneur d'escadrons ; mais, […]
