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JINISME ou JAÏNISME

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4.  Le chemin de la Délivrance

La vie en religion, la seule où le « dépassionnement » soit totalement possible, conduit à la Délivrance, ou plutôt, selon la terminologie jaina, à « l'Accomplissement » (siddhi), la « Perfection ». S'il est sain de corps et d'esprit, un enfant, à partir de l'âge de sept ans et demi, est admis à quitter le monde en abandonnant ses biens. Après un noviciat de quatre mois environ sous l'autorité absolue d'un maître spirituel, il peut recevoir la consécration, au cours de laquelle, les cheveux rasés (ils le seront par la suite périodiquement), il revêt la robe monastique, reçoit un nom nouveau et prononce les cinq vœux. Il est ainsi devenu moine et membre de la communauté, et il entre dans un de ses groupements, sous la direction de maîtres hiérarchisés et relevant du maître par excellence, le guide des fidèles dans la pratique de la Loi, l'Ācārya. À l'exemple du Mahāvīra, il sera itinérant, en dehors, cependant, du temps de la mousson. Engagé par le cinquième vœu à ne rien posséder, il reçoit toutefois un équipement monastique : une robe ou plutôt une pièce d'étoffe, qu'il lui est interdit de laver et de raccommoder ; une calebasse de bois ou d'argile, qui lui servira de bol à aumône ; un court balai destiné à écarter les animalcules devant ses pas, alors qu'une pièce de mousseline placée devant sa bouche les protégera de son souffle.

Ses jours et ses nuits sont divisés en quatre parties égales (pauruṣī ), dont chacune est réservée à une occupation fixe : étude, méditation, déplacement ou tournée d'aumône, sommeil. Il doit se livrer à l'étude des textes et connaître certaines formules : de confession, d'annonce de recueillement, de refus de nourriture... Il ne doit manger que le jour pour mieux contrôler les aliments et pour éviter ainsi de porter atteinte à des animalcules. Les repas journaliers sont souvent réduits par des prescriptions de jeûne. Religieux, ou même laïcs, peuvent d'ailleurs être autorisés à poursuivre le jeûne jusqu'à ce que la mor […]

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« JINISME ou JAÏNISME » est également traité dans :

AHIMSA

Écrit par :  Anne-Marie ESNOUL

… *Le mot sanskrit ahiṃsā, qui désigne, dans les religions de l'Inde, la non-violence (ou la non-nuisance) et même l'absence de toute intention de nuire, est composé du préfixe privatif a et de HIṂS, forme désidérative abrégée de la racine HAN (« frapper », « blesser », « tuer »). Ce terme est ancien ; il apparaît dans l'une des plus… Lire la suite
ANIMALITÉ

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ASCÈSE & ASCÉTISME

Écrit par :  Michel HULIN

Dans le chapitre "L'ascétisme indien"  : …  du corps et de l'esprit dans l'hindouisme, les deux grands mouvements « hérétiques » que sont le *jaïnisme et le bouddhisme ont développé leur propre conception de l'ascèse. L'un et l'autre se fondent sur la distinction des moines, qui prononcent des vœux (en principe révocables) et sont soumis à une discipline conventuelle, et des laïcs… Lire la suite
BHUBANEÇWAR

Écrit par :  Odette VIENNOT

Dans le chapitre "Religions"  : …  Si le *jaïnisme fut au Kaliṅga, dans les premiers siècles qui précédèrent et qui suivirent notre ère, la religion d'État, le bouddhisme, dont on ne retrouve plus de témoignage à Bhubaneçwar même, est cependant abondamment représenté un peu au nord. À Lalitagiri, Ratnagiri et Udayagiri, qui composaient l'Université de Pushpagiri, les fouilles ont… Lire la suite
ELLORA

Écrit par :  Rita RÉGNIER

Dans le chapitre "Les grottes brahmaniques et jaïnas, le Kailāsa"  : …  du Kailāsa par le géant Rāvaṇa ou bien des scènes du Rāmāyana – ou simplement ornementaux. *Cinq cavernes constituent le groupe jaïna. Leur aménagement fut entrepris après 750, à en juger par la lourdeur de leurs piliers. Le traitement des piliers est particulièrement intéressant à Ellorā. Hypertrophiés par la prolifération de thèmes… Lire la suite
GUJARATI LITTÉRATURE

Écrit par :  Françoise MALLISON

Dans le chapitre "Le vieux gujarātī (XIIe-XVe siècle)"  : …  Les moines* jaina, à l'apogée de leur influence culturelle sous la dynastie solaṃkī (918-1298), n'hésitèrent pas à faire usage de la langue vernaculaire contemporaine à des fins littéraires, fait unique à une époque où le savoir ne pouvait s'exprimer que dans une langue morte, savante et stylisée, fût-elle le sanskrit, le prakrit ou l'apabhraṃsá.… Lire la suite
INDE (Arts et culture) - Les doctrines philosophiques et religieuses

Écrit par :  Jean FILLIOZAT

Dans le chapitre "La doctrine jaïna ancienne"  : …  *Vardhamāna, plus connu sous les titres de Jina, « Vainqueur » (d'où la dénomination adjective de jaïna pour sa doctrine et ses adeptes), et de Mahāvīra, « Grand Héros », était un brâhmane qui, comme le prince Siddhārtha devenu le Buddha et beaucoup d'autres à cette époque (vie et ve s. av. J.-C.),… Lire la suite
INDE (Arts et culture) - L'art

Écrit par :  Marie-Thérèse de MALLMANNRita RÉGNIER

Dans le chapitre "Le lieu saint"  : …  dans la tradition shivaïte de l'Inde méridionale (J. Filliozat). Dans le bouddhisme et le *jaïnisme, le stūpa, reliquaire dérivé vraisemblablement du tumulus funéraire, constituait une sorte de « succédané » de l'autel védique ainsi qu'un microcosme complet : au centre de l'espace clos par la barrière, la calotte hémisphérique, la… Lire la suite
KANNARA ou KANNADA LANGUE & LITTÉRATURE

Écrit par :  François GROS

Dans le chapitre "L'âge épique"  : …  Pampa, Ponna et Ranna, sont les « trois gemmes » de l'âge héroïque du vieux kannara, dominé par le *jaïnisme. Pampa, poète de cour et officier du prince Cālukya, Arikēsari, écrit ses deux œuvres en 941. L'Ādi purāna célèbre en seize chants les neuf vies antérieures et l'ultime vie humaine de Purudēva, le premier tīrthankara (saint… Lire la suite
KARMAN

Écrit par :  Madeleine BIARDEAU

Dans le chapitre "Les actes et la Délivrance"  : …  qui fait l'unité profonde des grandes religions de l'Inde : elle a inspiré le bouddhisme et le *jinisme aussi bien que l'hindouisme. Si le bouddhisme et le jinisme apparaissent comme des « hérésies », c'est parce qu'ils ont pris plus à la lettre la condamnation des actes rituels et des textes qui les prescrivaient, parce qu'ils ont refusé l'… Lire la suite
LOGIQUE INDIENNE

Écrit par :  Kuno LORENZ

Dans le chapitre "Raisonnement et prédication"  : …  paraît dériver d'une formule similaire, à cinq membres, dont l'auteur était le sceptique Sañjaya. *En revanche, les jaïnas, qui dans leur souci de tout inclure considèrent que tout jugement peut être affirmé moyennant les conditions requises, utilisent une formule à sept assertions, le saptabhaṅgī, par laquelle ils montrent que tout objet se… Lire la suite
MAISUR ou MYSORE

Écrit par :  Rita RÉGNIER

Dans le chapitre "Le cadre historique"  : …  fin de la période Gaṅga vit s'épanouir en milieu jaïna la poésie kaṇada. On a coutume d'opposer au *jaïnisme, implanté au Maisūr (Śravana Belgola) dès le iiie siècle avant J.-C. et devenu très prospère, une « renaissance hindouiste » dont l'un des promoteurs fut le philosophe tamoul Rāmānuja qui prêcha à la cour de Viṣṇuvardhana… Lire la suite
NIRVANA ET SAMSARA

Écrit par :  André BAREAU

Dans le chapitre "Le « saṃsāra » et ses diverses interprétations"  : …  homuncule invisible en raison de sa taille exiguë. C'est à de telles conceptions que se rattache le *jainisme, lequel désigne l'élément transmigrant des noms de jīva et d'ātman et lui prête différents attributs. Le bouddhisme se distingue de toutes les autres sectes indiennes admettant la transmigration en ce qu'il nie obstinément… Lire la suite
NON-VIOLENCE

Écrit par :  Jacques SEMELIN

Dans le chapitre "Violence interdite"  : …  Cette démarche de foi est au cœur de l'engagement public de Gandhi et de Martin Luther King.* Ce n'est pas de l'hindouisme, mais du jaïnisme, que Gandhi a reçu en héritage le concept d'ahimsa. Fondé par Mahavira à la fin du vie siècle avant notre ère, le jaïnisme place l'ahimsa au centre de son éthique.… Lire la suite
SVASTIKA

Écrit par :  Universalis

… *Mot sanskrit dérivé de su (« bien ») et de asti (« il est ») et signifiant : « qui conduit au bien-être », svastika désigne une croix aux bras égaux s'infléchissant selon un angle droit et tournés tous dans le même sens, habituellement le sens des aiguilles d'une montre. Le svastika, en tant que symbole de prospérité et… Lire la suite
SVETAMBARA

Écrit par :  Universalis

… *Une des deux sectes principales du jaïnisme — l'autre étant celle des digambaras — entre lesquelles, à la suite d'une dissension très ancienne (sans doute vers le ~ iiie s.), éclata un schisme définitif en 79 (en 83 selon les śvetāmbaras). Les divergences portèrent d'abord sur la question de la propriété monastique et du port du… Lire la suite
TAMOULES LANGUE & LITTÉRATURE

Écrit par :  François GROS

Dans le chapitre "Les « épopées » et le cycle didactique"  : …   ixe ou xe siècle, le Cīvakacintāmaṇi, où la morale* jain ne triomphe qu'à la fin, quand le héros, l'empereur Cīvakaṉ, aura épuisé tous les aspects de la vie mondaine. Une dizaine de poèmes épiques attestent aussi la prépondérance jain, qui se retrouve dans les œuvres gnomiques, collection disparate… Lire la suite
TIRTHAMKARA

Écrit par :  Universalis

… *Les tīrthamkara ou tīrthakara, qu'on appelle aussi jinas (« vainqueurs ») ou arhants (« saints parfaits »), sont, dans le jaïnisme, des personnages qui, parvenus à l'omniscience, s'incarnent sur Terre à tour de rôle pour guider les hommes dans la vraie voie du salut (tīrthaṅkara, en sanskrit, veut dire « faiseur de gué… Lire la suite
UDAYAGIRI

Écrit par :  Rita RÉGNIER

Dans le chapitre "Udayagiri en Orissā"  : …  grand conquérant, si l'on en croit son panégyrique (grotte 14 à Udayagiri), et peut-être adepte du *jaïnisme – donna l'ordre de creuser au flanc de ces éminences des grottes destinées à abriter des moines. Ces hypogées, comme ceux du Dekkan occidental, reproduisent des structures de bois. Mais leur disposition interne et la prédominance, dans leur… Lire la suite

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