3. La théorie
Plus de dix mille livres ont été consacrés au jeu d'échecs et, chaque année, on voit apparaître plusieurs dizaines de nouveaux livres, sans compter des centaines de revues, généralement mensuelles, dans lesquelles on peut trouver des nouvelles du monde échiquéen, des parties disputées entre des « grands maîtres », des « maîtres » et de forts joueurs, des analyses, des études théoriques et des problèmes.
C'est que le jeu d'échecs est une véritable science, en progrès constant, dominé par des lois dont certaines, les lois stratégiques, définissent les objectifs à viser et les autres, les lois tactiques, indiquent les moyens d'y parvenir. Très tôt, on a compris qu'il n'était pas possible, à chaque coup d'une partie, de rechercher explicitement un mat – le seul moyen, cependant, de gagner la partie. Il faut se contenter de viser des « buts intermédiaires » : gain d'une pièce, concentration vers la région où est situé le R adverse, contrôle des cases centrales, occupation des lignes ouvertes, obtention de P « passés » (qui pourraient espérer arriver en huitième rangée, se transformant en D), attaque des P « isolés » (donc difficiles à défendre), pénétration dans les « trous », etc. L'édification de cette théorie générale a surtout été l'œuvre de Lucena, Philidor, Steinitz, Tarrasch, Reti, Nimzovitch...
Cette théorie générale se prolonge dans des théories particulières correspondant aux trois phases d'une partie normale : le début, consacré à la mobilisation, le milieu, où se déroulent les combats, et la fin, dans laquelle, si une décision n'est pas encore intervenue, on s'efforce de fabriquer un nouveau matériel en amenant un P à la huitième rangée.
La théorie des débuts recense des pièges classiques, comme le « mat du berger » ou « mat de l'écolier » (1. é4 -é5 ; 2. Fç4 -Fç5 ; 3. Dh5 ? -Cf6 ? ? ; 4. D×f7 =| ), qui met en lumière l'existence de la « case faible » f7 (ou f2) de chaque camp.
L'exploration de tous les coups corrects à partir de la position initiale c […]
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