3. Un homme courageux
Après les Jeux de 1936, Jesse Owens semble considéré comme le « dieu olympique ». De grandes parades américaines sont organisées en son honneur, manifestations auxquelles le président Roosevelt se garde bien d'assister, tout comme il « oublie » de lui adresser un message de félicitations. Pis ! Sous le prétexte qu'il avait refusé de participer à une tournée en Scandinavie peu après son exploit berlinois, Owens se voit disqualifié à vie. Sa carrière fut donc aussi fulgurante que brève, puisque, à vingt-quatre ans, il se voyait interdit de compétitions.
Owens tombe dans l'oubli. Il en sort dans le contexte de la guerre froide. Le président Dwight Eisenhower, conscient que la condition des Noirs aux États-Unis nuit gravement au message du « monde libre » face au communisme, fait de Jesse Owens le représentant de la Maison-Blanche pour le Tiers Monde.
Son statut permet ainsi à Jesse Owens d'exploiter sa formidable notoriété pour la défense des droits civiques déniés aux Noirs, dans un pays encore largement en butte à la ségrégation raciale. Jusqu'à la fin de sa vie, ce sera son combat. Jesse Owens s'éteint des suites d'un cancer, le 30 mars 1980 à Tucson (Alabama).
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