Né le 9 juin 1925, à Paris, dans une famille de la haute bourgeoisie juive, apparentée aux Dreyfus et aux Citroën, Jérôme Lindon voit son adolescence perturbée par la Seconde Guerre mondiale. À dix-sept ans, affilié au mouvement de résistance Combat, il rejoint un maquis du Tarn, est décoré pour faits d'armes, puis intègre les troupes françaises d'occupation en Allemagne. De cette guerre, Jérôme Lindon conservera l'empreinte toute sa vie. Ayant commencé l'apprentissage de l'hébreu au maquis, il envisage, un moment, à la Libération, de se lancer avec un ami dans une nouvelle traduction de l'Ancien Testament : de ce projet ambitieux reste une trace, la traduction du Livre de Jonas qu'il publie à 343 exemplaires aux éditions de Minuit en 1955, un texte capital qui est aussi une réflexion sur le „bon usage de la trahison“, pour reprendre le titre de la Préface de Pierre Vidal-Naquet à La Guerre des Juifs de Flavius Josèphe (Minuit, 1977).
Jérôme Lindon dirige les éditions de Minuit à partir de 1948. Il publie des auteurs dont aucun autre éditeur ne voulait, ces „ refusés-Gallimard“ qui avaient pour nom Bataille, Blanchot, Klossowski, jusqu'à ce jour de 1951 où, en lisa […]
