4. L'alliance rompue
Sous Sédécias, son attitude ne varie pas. Jérusalem vit dans l'illusion que Yahvé interviendra miraculeusement en sa faveur alors que l'ennemi est devant ses portes. Jérémie s'en prend aux prophètes nationalistes qui entretiennent les Judéens dans un optimisme aveugle (Jér. xxvii-xxix) ; pour lui, il n'est de salut possible que dans la soumission au souverain de Babylone. C'est ce qu'il ne cesse de répéter à Sédécias qui vient le consulter secrètement dans la prison où il a été enfermé pendant le siège de Jérusalem (Jér. xxi ; xxxiv ; xxxvii). Son message se fonde sur la certitude qu'Israël a rompu l'alliance qui l'unit à Yahvé ; c'est pourquoi ce dernier a déclenché contre son propre peuple la guerre sainte.
Jérémie sera libéré par les troupes babyloniennes ; il finira malgré lui ses jours en Égypte. C'est là qu'il prononcera ses derniers oracles de malheur (Jér. xliii-xliv). Mais auparavant, tandis que tout semble perdu, il annonce la restauration de Juda (Jér. xxxii) et la conclusion d'une nouvelle alliance entre Dieu et Israël (Jér. xxxi). L'histoire du peuple de Yahvé ne se termine donc pas en 587.
On admet généralement aujourd'hui que Jérémie n'est pas l'auteur du livre des Lamentations, comme la tradition l'a pensé – il s'agit d'une œuvre savante d'origine sacerdotale composée postérieurement à 587 –, ni de l'épître qui porte son nom, qui est une satire contre l'idolâtrie, écrite à l'époque grecque.
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