Le music-hall français fut dominé dans l'entre-deux-guerres par une vedette masculine : Maurice Chevalier, et par deux interprètes féminines : Joséphine Baker et surtout Mistinguett
. La chance de celle-ci fut de pouvoir s'illustrer dans la revue musicale, au moment où cette forme de spectacle, qui convenait exactement à son talent, triomphait sur toutes les grandes scènes parisiennes
. Si Mistinguett s'était déjà fait connaître avant-guerre, notamment par le sketch de la « Valse chaloupée » interprété avec Max Dearly au Moulin-Rouge (1909), elle s'imposa dans les revues du Casino de Paris pendant la Première Guerre mondiale (revues « Paris qui danse », « Paris qui jazz », « En douce »). L'entrain dont elle faisait preuve sur scène permettait d'oublier les limites vocales de l'interprète et celles de son répertoire, mi-réaliste, mi-boulevardier. Ses grands succès dans la chanson (Mon homme, 1920 ; En douce, 1922 ; Ça c'est Paris, 1926 ; C'est vrai, 1935) dessinent un portrait stéréotypé de la Parisienne, dont « le nez en trompette », « les jolies gambettes » et « l'air toujours moqueur » rappellent étrangement la « Miss ». « Monument national » de son vivant, reine incontestée du music-hall, Mistinguett ne fut pas remplacée : lorsqu'elle se retira de la scène, en 1951, la revue n'était plus qu'une forme fossile.
Photographie
Mistinguett Jeanne Bourgeois dite Mistinguett (1875-1956), aux Folies-Bergère, en 1920. Vedette française de music-hall, elle s'imposa, après la Première Guerre mondiale, dans les revues musicales parisiennes.
Crédits: Hulton Getty Consulter
Photographie
Le Moulin-Rouge Le Moulin-Rouge, music-hall parisien, en 1929.
Crédits: Hulton Getty Consulter
Jean-Claude KLEIN
Retour en haut



