Petite-fille, par son père, du roi Robert d'Anjou, Jeanne lui succéda en 1343. Fiancée en 1333 à André de Hongrie, elle l'épousa dix ans plus tard et le fit sans doute assassiner en 1345 ; elle se remaria en 1347 avec son cousin Louis de Tarente, qui mourut de la peste en 1362. Jusqu'à cette date, la politique angevine fut en grande partie influencée par les maris de la reine, qui furent l'un après l'autre très vite brouillés avec elle. L'arbitrage du pape Clément VI, facilité par le fait que le royaume était vassal du Saint-Siège, permit jusqu'en 1352 le maintien d'un certain équilibre intérieur, cependant que l'autorité pontificale protégeait Jeanne lors de l'intervention armée du roi Louis de Hongrie, venu venger son frère. La reine trouva refuge dans son comté de Provence et vendit au pape la seigneurie d'Avignon pour financer son retour à Naples.
Pratiquement tenue à l'écart des affaires de 1352 à 1362 par son second mari, Louis, que le pape avait fait roi, Jeanne dut le laisser gouverner avec son conseiller Nicola Acciaiuoli. Elle reprit en main le gouvernement à la mort de Louis, ne laissant aucun rôle à ses autres maris successifs, le fou Jacques de Majorque et l'a […]
