Fille de Louise-Madeleine de La Motte, protégée du fermier général Lenormant de Tournehem, et de François Poisson, employé des frères Pâris. Celui-ci, accusé de concussion au moment de la disgrâce des Pâris (1725), dut fuir la France et Jeanne Antoinette, ainsi que son frère Abel, fut élevée par Lenormant. Ambitieuse, Mme Poisson fait donner à sa fille une éducation soignée et lui inspire le goût des arts. À vingt ans, elle est mariée au neveu de Lenormant de Tournehem, Guillaume Lenormant, seigneur d'Étioles, sous-fermier. Le jeune couple vit une partie de l'année au château d'Étioles, près de la forêt de Sénart où Louis XV aime à chasser. À cette époque, Jeanne Antoinette Lenormant est déjà la coqueluche de la société parisienne et reçoit, dans son salon Crébillon, Voltaire et l'abbé de Bernis qu'elle poussera à la cour. Sa beauté, son esprit sont déjà célèbres. Le souverain remarque la gracieuse Mme d'Étioles. D'autres entrevues sont ménagées à Versailles puis à Paris ; elle obtient une résidence à la surintendance de Versailles. Lenormant d'Étioles, qui s'indignait, doit s'éloigner ; séparé de corps et de biens de son épouse par sentence du parlement, i […]
