Né à Ajaccio, nourri de grec, de latin et de mathématiques, Jean-Toussaint Desanti ne balancera pas longtemps entre philosophie et mathématiques : la lecture de l'Éthique de Spinoza qui se présente de l'extérieur more geometrico, avec son appareil de définitions, d'axiomes et de théorèmes, le laisse sans voix. Il entre en 1935 à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm. Maurice Merleau-Ponty lui fait découvrir la phénoménologie, qui demeurera essentielle pour lui, même si, dans l'Introduction à la phénoménologie (1976), lecture critique des Méditations cartésiennes de Husserl, il dénoncera par la suite la fiction spéculative d'un « moi pur » qui serait au fondement d'une « philosophie première ». Proche de Jean Cavaillès dont l'épistémologie des mathématiques représente à ses yeux la sérénité par opposition au tumulte des idées philosophiques, Desanti tient qu'une philosophie de la conscience ne saurait à elle seule produire une théorie scientifique. Il consacrera dès lors ses efforts à fonder une épistémologie non husserlienne, sans abandonner pour autant l'usage de la phénoménologie.
Dans Paris occupé, il passe l'agrégation avec Maur […]
